» La fête des mères, tous les derniers dimanche du moi de Mai. Je subis la joie, l’émotion et l’euphorie autour de moi comme un affront, un affront à ma féminité. J’ai un ennemi, et il met un point d’honneur à toujours gagner la bataille. Cela dure 5 ou 6 ans environ, mon cri ne sort jamais bien loin: Il faudrait que cela cesse, cessez le feu! Mais mon cri ne parvient jamais dans les tréfonds qui donnent la vie.  »

Mon histoire n’est pas unique. Elle est plûtot familière à beaucoup d’autres femmes. Nous sommes un bon nombre à ne pas nous rejouir pleinement de cette fête autour de la reconnaissance et de l’amour. La joie ne nous saisit pas dans les tripes. Mais nous pouvons imaginer ce bonheur. Quelle prétention! Comment pouvons-nous imaginer une situation dans laquelle nous ne nous sommes jamais retrouvées? Ce bonheur est si personnel, relié par un cordon ombilical unique, une chose qui nous est inconnue. Alors, nous n’en savons rien, nous ne savons rien du bonheur d’être maman.

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 » Il faut de tout pour faire un monde, il me faut TOI pour faire le mien  » Auteur Inconnu

Ce que nous savons bien en revanche, ce nous comprenons le mieux,c’est ce désir. Le désir de porter la vie, de donner la vie. Ce que nous comprenons, c’est ce vide dans notre ventre. C’est cet appel qui ne reçoit jamais de réponse. Nul besoin d’imaginer à cet stade, nous savons! Nous vivons le vide, le silence…aucun bruit ne nous parvient, aucun son doux …comme MAMAN!

Pour avoir aimé une mère, on vit le plus grand amour du monde, mais pour ne pas être mère à notre tour, on pleure le grand amour, le vrai. On espère les calins, les témoignages d’affection, les immenses sacrifices, les larmes de l’amour à sécher, les confidences à recevoir, les corrections à donner, les bobos à calmer, les angoisses des malheureux jours…on voudrait vivre!

Mais l’ennemi, cette conséquence d’une maladie, cet effet secondaire, cette infertilité, ce refus catégorique de l’autre, l’autre qu’on attend désespérément…l’ennemi victorieux se fiche qu’on soit prête, qu’on se sent capable, qu’on a l’envie qui nous ronge.

Parce qu’il y a les mères, mais aussi le désir d’être mère.

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