« La curiosité mène à tout :parfois à écouter aux portes,parfois à découvrir l’Amérique. »

                                                                                                                           De José Maria Eça de Queiros

C’est aussi un vilain défaut, selon notre éducation. Enfant, on te punit pour ta curiosité : c’est dangereux, ça déroge aux règles de bienséance. Pourtant, le mot que je trouverais pour définir l’enfance, immédiatement après innocence, serait curiosité.

Je vais vous parler de livres et non d’enfants. Cependant, la curiosité donne encore le ton ici. Le livre est un déclencheur de curiosité par excellence. Le livre, qu’il soit ouvert ou fermé, appelle un lecteur. Ou même un visiteur, un simple observateur. Le livre incite à la découverte. Que renferme ce tas de papier? Parce qu’au départ, ce n’est qu’un tas de papier. Il prend forme et fond sous les yeux du curieux qui ose le tenir ouvert. Il sera ce roman d’amour, cet essai engagé ou cette bande dessinée érotique. Mais il faut d’abord être curieux pour le découvrir.

Moi, je suis un produit de ma curiosité. C’est-à-dire des livres que j’ai lus. J’ai tout appris dans les livres. Je n’étais pas une enfant curieuse pour mon entourage, je ne posais pas souvent de questions. En réalité, j’ai eu la chance de comprendre très tôt ce que renfermaient les livres. J’ai pu comparer très vite la réponse des gens et celle des livres. J’ai préféré celle des livres et je n’ai plus posé de questions.

Voyons, on n’élève pas trois bambins dans une maison avec un meuble ancien rempli de livres de tous genres en pensant leur cacher la vérité ! Moi, en tout cas, je m’en suis servie. Mon père, sous l’emprise de la culture de sa ville Jérémie, était ce qu’on appelle un intellectuel, un amant de cette poésie allégorique pour la fidélité des femmes de son temps, la beauté de la terre natale, ou la fierté pour le pays… Il était aussi de ceux qui savaient chanter une sérénade sous la fenêtre de la bien-aimée idole (oui ces choses-là existaient vraiment!) De cette savante attitude, j’ai reçu un héritage : l’accès illimité à son  » Buffet ».

Le buffet est ce meuble ancien qui contient quelques centaines de livres, de cahiers, de magazines. Des auteurs, j’en ai lu. Des noms, des titres, j’en ai balbutié. Tant il y en avait. Des livres documentaires, des séries policières, des romans, de la poésie, des livres d’humour salace, de développement personnel, de philosophie.. .Non, je n’étais pas perdue. J’étais de toute évidence dans mon élément. Ma curiosité était sans limite, je découvrais le monde au fil des mes lectures. Je frappais à des portes. Il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre que les livres contenaient les réponses. La curiosité force l’imagination, les livres nous transportent au delà de cette imagination. Ils nous mettent face à la vérité, à la connaissance, à la lumière. Cette vérité peut ne pas être absolue, mais ce qui compte c’est la vérité de l’auteur. C’est la connaissance que l’on fait avec son histoire. C’est comprendre son épanchement et pouvoir lire son information. C’est cette connaissance contenue dans les livres qui donne le pouvoir. Le pouvoir de changer, voire de chambouler le cours d’une vie à la lumière d’un livre.

Pour terminer ce billet, l’envie me prend de vous citer 10 titres qui ont marqué mon parcours de lectrice. Ce ne sont pas forcément les plus beaux ni mes préférés… Mais ceux-là ont su me donner une vérité, une connaissance, une lumière à un moment où j’en avais fatalement besoin!

1- L’odeur du café  Dany Lafferière

2-Jusqu’au bout des rêves Philip Shelby

3-Alleluia pour une femme jardin René Depestre

4-The love machine Jacqueline Susann

5- La Maudite Guy des Cars

6-Le petit Prince Antoine de saint-Exupery

7-Perles Celia-Brayfield

8-Les Jeunes s’interrogent Les témoins de Jéhovah

9-Le desespoir des singes et autres bagatelles Françoise Hardy

10- Ainsi parlait  Zarathoustra Friedrich-Nietzsche

 

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